Réglementation
Midterms du 3 novembre : le Congrès reste décisif pour les règles crypto de l’ère Trump
Le scrutin américain renouvelle la Chambre et une partie du Sénat. Pour les actifs numériques, l’enjeu porte sur les lois, leur calendrier et le contrôle des autorités, sans résultat électoral connu à ce stade.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Un scrutin législatif, avec des conséquences pour la crypto
Les élections fédérales américaines du 3 novembre 2026 mettent en jeu les 435 sièges de la Chambre des représentants et environ un tiers du Sénat. Elles ne sont pas une nouvelle élection présidentielle : Donald Trump n’y sollicite pas un nouveau mandat à la Maison-Blanche. Pour les entreprises crypto, le résultat compte néanmoins, car les deux chambres participent à l’élaboration des lois fédérales. La date du scrutin est confirmée par la commission électorale fédérale, la FEC ; aucune issue électorale n’est présentée ici comme acquise.
Le lien avec les actifs numériques passe d’abord par la capacité à transformer une orientation politique en texte applicable. Selon le parcours décrit par USAGov, un projet est examiné en commission, soumis au vote et transmis à l’autre chambre. Les deux chambres doivent finalement accepter une même version avant sa présentation au président. Une majorité favorable dans une seule chambre, une promesse de campagne ou une déclaration de l’exécutif ne suffit donc pas à créer une loi fédérale.
Le précédent du CLARITY Act montre le poids de la procédure
Le journal de séance du Sénat fournit un exemple concret. Le 15 septembre 2026, la motion destinée à clore le débat sur l’ouverture de l’examen du Digital Asset Market Clarity Act n’a pas été adoptée : le décompte officiel est de 49 voix pour et 50 contre. Ce résultat porte sur une étape de procédure, pas sur la promulgation d’une loi. Il serait donc trompeur de présenter ce projet de cadre du marché crypto comme un dispositif déjà entré en vigueur.
Le même compte rendu précise que le sénateur Thom Tillis a voté contre afin de pouvoir demander un réexamen. Cette mention illustre pourquoi un total de voix doit être lu avec son contexte parlementaire. Pour suivre la suite du dossier après le scrutin, les éléments déterminants seront les textes effectivement déposés, les réunions de commissions et les votes programmés. Déduire automatiquement une adoption ou un abandon définitif du seul résultat électoral dépasserait ce que les documents consultés permettent d’établir.
Les autorités poursuivent un travail distinct des élections
La politique crypto américaine ne se limite cependant pas à un projet au Congrès. Le 17 mars 2026, la SEC a publié une interprétation de l’application du droit fédéral des titres aux actifs numériques, à laquelle la CFTC s’est associée. Ce document distingue notamment les caractéristiques d’un actif et celles d’un contrat d’investissement. Il constitue un élément du travail des autorités dans leur champ juridique existant ; sa publication ne doit pas être confondue avec le vote d’une nouvelle loi par les deux chambres.
Autre dossier distinct : l’OCC a annoncé le 21 octobre un règlement final d’application du GENIUS Act sur les stablecoins de paiement, avec une prise d’effet indiquée au 18 janvier 2027. Ces dates décrivent un calendrier réglementaire, pas une conséquence déjà constatée des midterms. Pour lire les annonces de l’ère Trump, il faut donc identifier l’auteur, le type de texte et son stade réel. Le scrutin peut modifier les rapports de force au Congrès ; il ne permet pas, à lui seul, de prédire le cours du bitcoin.