DeFi & stablecoins
Stablecoins : ce que mesurent les 891 milliards de dollars de transferts annoncés
Une étude de The Block Pro Research commandée par Coinbase estime les transferts ajustés à 891 milliards de dollars au troisième trimestre 2026. Ses autres chiffres utilisent des périodes et des filtres distincts.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Un volume ajusté, plutôt que tous les mouvements
Coinbase a présenté le 20 octobre 2026 une étude réalisée par The Block Pro Research sur les usages des stablecoins. Le rapport estime leur volume de transferts ajusté à 891 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, contre 216 milliards au premier trimestre 2023. Cette progression concerne un indicateur défini par les auteurs, et non l’ensemble brut des mouvements enregistrés sur toutes les blockchains.
Les données de cette série proviennent d’Allium. Son périmètre exclut notamment des activités liées aux plateformes d’échange, à la finance décentralisée, aux ponts et à d’autres infrastructures, ainsi que des opérations automatisées et la création ou le remboursement des stablecoins. Ces exclusions doivent accompagner le chiffre lorsqu’il est repris. Sans elles, deux totaux portant sur les mêmes actifs peuvent sembler contradictoires alors qu’ils mesurent des activités différentes.
Les 73 % hors horaires bancaires viennent d’un autre calcul
Le rapport avance également que 73 % du volume de transferts filtré se situe en dehors des horaires bancaires américains. Cette mesure couvre les douze mois terminés le 31 juillet 2026. Elle utilise des données Dune Analytics et conserve les transactions automatisées, contrairement à la série trimestrielle ajustée. Elle retire notamment les petits transferts inférieurs à un dollar, certains transferts internes et les opérations de création ou destruction.
Il serait donc incorrect de multiplier directement les 891 milliards par 73 % pour obtenir un montant trimestriel hors horaires bancaires. Les périodes ne coïncident pas et les filtres diffèrent. Le premier chiffre décrit une valeur de transferts ajustée sur un trimestre ; le second décrit une répartition horaire dans un autre ensemble d’observations.
Une adresse n’est pas une personne
Dans sa présentation, Coinbase cite aussi 293 millions d’adresses détenant des stablecoins. L’entreprise précise que ce total n’équivaut pas à un nombre d’utilisateurs individuels. Une personne peut contrôler plusieurs adresses, tandis qu’une adresse de conservation peut regrouper les fonds de nombreux clients. Les comparaisons avec les utilisateurs d’applications bancaires ou les cartes émises restent donc des repères d’échelle.
Le même soin s’impose pour les transferts. Un actif déplacé plusieurs fois peut contribuer plusieurs fois à un volume. Un total monétaire ne permet pas, sans données supplémentaires, de connaître le nombre de commerces payés, de familles bénéficiaires ou de clients distincts. Il renseigne sur la circulation observée dans le périmètre choisi.
Les projections restent conditionnelles
L’étude envisage un volume ajusté proche de 1 500 milliards de dollars par trimestre à la fin de 2027 si le rythme de croissance retenu se poursuit. Coinbase présente cette trajectoire comme conditionnelle. Elle ne constitue pas une mesure déjà observée et ne garantit pas que la croissance restera identique au fil des prochains trimestres.
Ce travail a été commandé par un acteur commercial de l’écosystème. Cette origine doit rester visible pour situer ses résultats et ses choix de présentation. Elle ne dispense pas d’examiner les définitions, les sources de données et les limites indiquées dans le rapport lui-même.
L’apport de l’étude tient à la possibilité de suivre des séries plus précises que des volumes bruts. Pour comparer les stablecoins aux autres moyens de paiement, il reste nécessaire d’aligner les périodes, la nature des opérations et les unités comptées. Un volume important, une adresse active et un paiement commercial répondent à trois questions différentes.