Économie
La DTCC lance son service de tokenisation avec vingt participants institutionnels
Le service DTS, lancé le 28 octobre, permet de représenter sur blockchain des droits sur des titres conservés par DTC. Il démarre sur Canton et sur un réseau privé Besu, avec un périmètre encadré.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Des titres conservés, des droits représentés en tokens
La Depository Trust Company, filiale de la DTCC, a annoncé le 28 octobre 2026 le lancement du DTCC Tokenization Service, ou DTS. Le service permet de convertir des droits sur certains titres conservés par DTC entre une forme traditionnelle et une représentation tokenisée. Les utilisateurs éligibles peuvent ensuite recevoir ces représentations dans des portefeuilles numériques enregistrés. L’annonce marque un passage à la production, après des opérations limitées déjà menées en juillet ; elle ne signifie pas que tous les actifs du dépositaire changent de support.
La DTCC présente ces représentations comme des doubles numériques qui conservent les droits de propriété, les droits économiques et les protections attachés aux titres traditionnels. DTC conserve plus de 114 000 milliards de dollars d’actifs, mais ce total mesure son activité de conservation. Ce n’est ni le montant déjà tokenisé ni le volume annoncé pour le lancement de DTS. Confondre ces données transformerait un changement d’infrastructure précisément délimité en basculement général de Wall Street que le communiqué ne décrit pas.
Canton et Besu pour les premiers participants
Vingt participants de DTC ont signé des accords d’accès au service. La liste comprend notamment JPMorgan, Citi, Bank of America, Morgan Stanley, UBS, Barclays, State Street et BNP Paribas, ainsi que des acteurs comme Alpaca et Citadel Securities. Une signature d’accès ne précise toutefois pas combien de titres chaque établissement a déjà convertis ou transférés. La DTCC prévoit d’accueillir d’autres utilisateurs progressivement. Elle indique avoir élaboré le dispositif avec un groupe de travail réunissant plus de 150 entreprises.
Sur le plan technique, DTS est intégré au réseau Canton et au réseau privé de la DTCC utilisant Besu. D’autres blockchains doivent être ajoutées en 2027. Ce fonctionnement sur plusieurs réseaux vise à relier les infrastructures traditionnelles et numériques, sans imposer une chaîne unique à tous les participants. Les transferts de tokens entre portefeuilles enregistrés ne doivent pas être confondus avec l’ensemble des opérations de conversion ou de règlement : celles-ci conservent leurs conditions et leur organisation propres.
Un déploiement inscrit dans un cadre limité
Le lancement s’appuie sur une lettre de non-intervention de la SEC reçue en décembre 2025. Le périmètre décrit couvre notamment des actions du Russell 1000, des fonds cotés répliquant de grands indices et des titres du Trésor américain. Cette démarche réglementaire porte sur un service et des conditions déterminés ; elle ne constitue pas une approbation générale de tous les actifs tokenisés. Le groupe rappelle également les premières transactions réalisées avec plus de trente entreprises avant ce lancement commercial.
Pour les institutions, l’intérêt annoncé porte sur la circulation des actifs, la mobilisation de garanties et les possibilités d’accès à la liquidité. Ces objectifs restent à distinguer de résultats chiffrés déjà démontrés pour chaque utilisateur. La présence de titres sur une blockchain n’abolit ni les contrôles d’accès ni les risques opérationnels, et ne rend pas tous les produits accessibles aux particuliers. L’étape du 28 octobre se mesure d’abord à un service effectivement ouvert, à ses participants et aux réseaux pris en charge, puis à l’usage qui en sera fait.