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Ethereum : l’EIP-7778 veut compter le travail des blocs avant les remboursements de gas
La proposition atteint son échéance de dernière consultation le 1er novembre. Elle préserverait les remboursements accordés aux utilisateurs, tout en cessant de les déduire du gas utilisé pour limiter la charge des blocs.
Clara DelcourtNom de plume de la rédaction
Une échéance de consultation sur le calcul des blocs
L’EIP-7778 affiche le 1er novembre 2026 comme date de fin de dernière consultation dans son document officiel. Cette proposition Ethereum, créée le 1er octobre 2024 par Ben Adams et Toni Wahrstätter, reste au statut Last Call lors de la vérification. Elle vise le calcul de la capacité des blocs, avec une distinction centrale : réduire la facture d’un utilisateur ne doit pas effacer le travail réellement effectué par le réseau. Le passage de cette échéance ne prouve ni une adoption finale ni une activation.
Le gas sert à mesurer et à encadrer les ressources consommées par les opérations. Certains traitements donnent droit à des remboursements, notamment lorsqu’une instruction remet une case de stockage à zéro. Le mécanisme actuel décrit dans la proposition retranche ces remboursements à la fois du coût payé par l’utilisateur et du compteur utilisé pour apprécier le remplissage du bloc. Les auteurs considèrent que cette double déduction peut laisser entrer davantage de calcul que la limite ne cherche à en autoriser.
Conserver le remboursement, compter la charge brute
Le texte cite le bloc historique 20 878 522 pour illustrer l’écart. Son utilisation nette représente 28,5 millions de gas, auxquels s’ajoutent 4,01 millions de remboursements : la charge brute atteint donc 32,51 millions. Dans cet exemple présenté par les auteurs, le total dépasse de 2,51 millions la limite du bloc. Ce cas historique n’est pas un incident annoncé aujourd’hui et ne permet pas de conclure que tous les blocs présentent le même dépassement.
La solution proposée sépare les deux comptes. Le coût des transactions pour les utilisateurs continuerait à intégrer les remboursements admissibles. En revanche, le gas comptabilisé pour la limite du bloc ne les retrancherait plus. La formule tient également compte du plancher de coût des données introduit par l’EIP-7623, en retenant le maximum pertinent. Le projet ne cherche donc pas à abolir l’incitation au nettoyage de l’état, mais à éviter qu’une remise financière soit interprétée comme une absence de calcul.
Des règles de sélection à adapter pour les producteurs
Tous les rabais ne seraient pas traités comme un remboursement artificiel du travail. Le document conserve les réductions qui correspondent à une charge réellement plus faible, par exemple certains accès à une donnée déjà utilisée ou le retour à une valeur initiale. Cette distinction importe : le modèle doit limiter les ressources consommées sans facturer au compteur du bloc un travail qui n’a pas eu lieu. Les tests prévus comparent notamment les transactions avec nettoyage du stockage et les blocs proches de leur limite.
La proposition est incompatible avec les règles antérieures et nécessiterait un hard fork. Les producteurs de blocs devraient adapter leurs algorithmes de sélection aux nouveaux compteurs, tandis que le traitement économique individuel des remboursements resterait préservé dans le modèle présenté. Les auteurs y voient un moyen de mieux contenir la charge de calcul et certains risques de déni de service. Pour les lecteurs, l’actualité est l’étape de consultation du 1er novembre, et non une suppression des remboursements ou une protection déjà déployée sur le réseau.