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Affaire LIBRA : un non-lieu rapporté en Argentine ne fait pas disparaître les pertes des acheteurs
Cointribune rapporte un non-lieu prononcé le 23 octobre au bénéfice de Javier Milei et d’autres personnes dans le dossier LIBRA. La décision pénale doit être distinguée de l’effondrement du jeton et de ses conséquences financières.
Mathis RenaudNom de plume de la rédaction
Une décision pénale rapportée
Le juge fédéral argentin Marcelo Martínez de Giorgi a prononcé le 23 octobre un non-lieu en faveur de Javier Milei et de dix autres personnes dans le dossier LIBRA, rapporte Cointribune. Le média indique que le magistrat a suivi la demande du procureur et considéré que les éléments réunis n’établissaient pas une fraude pénale. Cette présentation doit rester attachée à la procédure décrite. Elle ne permet pas d’étendre automatiquement la décision à toute plainte, toute juridiction ou tout litige lié au jeton.
Une décision pénale porte sur des faits, des personnes et les conditions nécessaires pour caractériser une infraction dans un dossier donné. Une perte d’argent importante ne démontre pas, à elle seule, que ces conditions sont réunies. Réciproquement, l’absence d’infraction retenue dans ce cadre ne transforme pas l’opération en placement prudent ou rentable. Il faut donc éviter de confondre la conclusion judiciaire rapportée, l’appréciation politique des événements et le résultat économique effectivement subi par les acheteurs du cryptoactif.
Retour sur le lancement du jeton
L’affaire remonte au lancement de LIBRA sur Solana en février 2025 et à sa promotion dans un message publié par le président argentin. Le jeton avait connu une hausse rapide suivie d’un effondrement. Des analyses des transactions ont ensuite alimenté les interrogations sur les retraits réalisés par certains portefeuilles. Ces mouvements expliquent l’attention portée au dossier. Leur visibilité sur une blockchain ne suffit toutefois pas à identifier toutes les personnes contrôlant les adresses ni à établir seule leur responsabilité pénale.
La capitalisation atteinte au sommet ne représentait pas une somme d’argent disponible pour tous les détenteurs. Elle résultait du prix du jeton multiplié par une quantité de référence. Dans un marché peu profond, vendre une position importante peut déplacer fortement le prix. La liquidité réellement accessible et la répartition des jetons apportent donc des informations essentielles sur les conditions de sortie. Un chiffre de capitalisation spectaculaire ne garantit pas que les acheteurs pourront revendre leurs avoirs à un prix voisin.
Des conséquences toujours distinctes
Cointribune fait aussi état de démarches d’investisseurs demandant à retrouver une place dans la procédure. Leurs possibilités de contestation dépendent des décisions rendues et de leur statut, et ne doivent pas être présentées comme un appel déjà accueilli. Les accusations politiques et les déclarations des protagonistes constituent encore une autre dimension du dossier. Les rapporter exige de les attribuer, sans reprendre leurs conclusions comme des faits judiciairement établis. Le non-lieu annoncé reste l’événement décrit, avec la portée de la procédure concernée.
Pour les acheteurs, une décision judiciaire favorable aux personnes visées ne reconstitue pas la valeur perdue sur le marché. Une éventuelle indemnisation relèverait d’un mécanisme distinct, dont l’existence et les conditions doivent être établies. La notoriété d’une personne faisant la promotion d’un jeton n’offre pas non plus de garantie sur sa liquidité ou sa valeur future. Le dossier LIBRA illustre ainsi l’écart possible entre visibilité publique, prix de marché et recours : ces trois dimensions ne se remplacent pas et doivent être suivies séparément.