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Blanchiment en USDT : une condamnation américaine et des montants à distinguer

La justice américaine annonce une peine de 160 mois contre Leonardo de Jesus Zuluaga Duque. Le dossier distingue les 14,5 millions de dollars liés à son réseau et les opérations plus larges d’un autre condamné.

Blanchiment en USDT : une condamnation américaine et des montants à distinguer — illustration conceptuelle originale

Une condamnation annoncée le 21 octobre

Le parquet fédéral du district sud de New York a annoncé le 21 octobre 2026 la condamnation de Leonardo de Jesus Zuluaga Duque, surnommé Rey, à 160 mois de prison. Le communiqué décrit un courtier en cryptomonnaies établi en Colombie qui occupait un rôle de supervision dans un réseau de blanchiment. Il présente les faits à partir des actes de procédure, des déclarations à l’audience et des documents judiciaires publics.

Cette origine compte pour comprendre la portée de l’information. Le texte rapporte une décision judiciaire concernant des personnes et des opérations identifiées. Il ne constitue pas une mesure de la proportion des transferts en stablecoins qui seraient illicites. Passer d’un dossier individuel à une conclusion générale sur tous les utilisateurs demanderait des données différentes.

Deux périmètres financiers à ne pas additionner

Selon le parquet, les opérations impliquant Zuluaga Duque et plusieurs complices ont porté sur environ 14,5 millions de dollars en Tether issus du trafic de stupéfiants, entre mai et novembre 2023. Les produits étaient convertis en jetons, transférés à un intermédiaire, puis reconvertis en dollars. Des sociétés écrans américaines et colombiennes intervenaient ensuite dans le retour des fonds vers la Colombie.

Le communiqué mentionne séparément Maximilien de Hoop Cartier, qui exploitait une activité de transmission de fonds sans autorisation. Il avait auparavant été condamné à huit ans de prison pour des faits comprenant la fraude contre des banques américaines et la transmission de plus de 470 millions de dollars de produits illicites. Ce total couvre ses opérations plus larges : il ne doit pas être attribué intégralement à Zuluaga Duque.

Une chaîne qui reste liée aux banques

Le dossier associe des comptes crypto, des conversions monétaires et des sociétés traditionnelles. La circulation d’un jeton sur une blockchain n’efface donc pas les autres étapes du parcours. Le transfert numérique, sa conversion en dollars et le versement final en monnaie locale sont des opérations distinctes, avec des intervenants différents.

Il serait toutefois incorrect d’en déduire que tous les services utilisant un stablecoin échappent aux contrôles d’identité. Le communiqué décrit une entreprise non autorisée et des manœuvres contre le système bancaire. Il ne démontre pas une exemption générale des plateformes ou des émetteurs. Les obligations applicables dépendent de l’activité et de la juridiction concernées.

Une peine, une confiscation et une restitution sont différentes

Outre la prison, le parquet annonce cinq ans de liberté surveillée et une obligation de confiscation de 14 751 846 dollars. Il mentionne aussi des jetons auparavant contenus dans quatre adresses contrôlées par le condamné. Une obligation fixée par un jugement et les actifs effectivement recouvrés ne représentent pas nécessairement la même somme à la même date.

Ces éléments ne doivent pas davantage être présentés comme un remboursement déjà distribué à des victimes. Une confiscation suit une procédure propre ; sa destination ne se déduit pas du seul montant annoncé. La lecture utile consiste à conserver ensemble la date, la personne concernée, le périmètre des opérations et la nature de chaque décision. Le dossier documente ainsi un usage criminel identifié de l’USDT, sans transformer cet exemple en statistique sur l’ensemble du marché.

Écrit avec amour parMathis RenaudDécouvrir ce nom de plume ↗

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