DeFi & stablecoins
USDC devance USDT sur les échanges contre l’euro, selon Kaiko
Le fournisseur de données attribue 56 % des volumes de stablecoins contre l’euro à USDC en septembre. Ce résultat décrit un segment de marché précis, tandis que le cadre européen renforce les obligations des émetteurs et des plateformes.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Un basculement mesuré sur les paires en euros
Les données communiquées par Kaiko placent USDC devant USDT dans les échanges de stablecoins contre l’euro. Sa part atteint 56 % en septembre 2026, contre 10 % en janvier 2024. Le fournisseur indique qu’USDC dépasse la moitié de ce segment chaque mois depuis juin 2025. Ces chiffres ne mesurent ni toute l’activité des investisseurs européens, ni l’ensemble des échanges de cryptomonnaies : leur périmètre est celui des paires associant un stablecoin à l’euro.
Kaiko observe aussi une profondeur supérieure des carnets d’ordres USDC en euros. Sur son échantillon, la médiane des ordres situés à proximité du prix central atteint environ 27,3 millions de dollars pour USDC, contre 19,3 millions pour USDT, soit un écart proche de 40 %. La profondeur renseigne sur les ordres disponibles dans une plage de prix donnée ; elle se distingue du volume effectivement échangé et ne garantit pas les conditions d’exécution de toute opération future.
Les restrictions européennes déplacent les canaux d’échange
Kaiko rapproche cette évolution des restrictions appliquées à USDT pour les clients de l’Espace économique européen. Le mouvement le plus marqué de sa série apparaît en mars 2025, lorsque la part d’USDC passe de 25 % à 46 %. La concordance avec les changements de plusieurs plateformes aide à comprendre le déplacement des liquidités. Elle ne suffit toutefois pas à attribuer chaque transaction à une seule cause, ni à déduire que la demande mondiale pour USDT aurait disparu.
Le contexte réglementaire s’est encore précisé avec l’avis de l’ESMA du 8 octobre. Le superviseur européen demande aux prestataires agréés de cesser les services portant sur les stablecoins non conformes à MiCA et de régulariser les expositions préexistantes. Les opérations transitoires doivent être limitées aux besoins de liquidation, conversion, retrait, transfert ou conservation temporaire. Ce cadre agit sur les services accessibles auprès des intermédiaires concernés ; il ne rend pas interchangeables les différents marchés et ne mesure pas, en lui-même, leurs volumes.
Une supervision accrue pour le dollar numérique de Circle
Le 14 octobre, l’Autorité bancaire européenne a classé USDC, émis par Circle Internet Financial Europe, comme premier jeton de monnaie électronique significatif dans l’Union. Le transfert d’une partie de sa supervision vers l’ABE doit prendre effet le 12 novembre. Il concerne notamment les fonds propres, les réserves, les exigences de liquidité et les plans de redressement ou de remboursement. L’ACPR conserve d’autres responsabilités, dont la gouvernance et les conflits d’intérêts.
Le classement impose des obligations supplémentaires ; il ne constitue pas une garantie de rendement ou d’absence de risque. Il faut également distinguer le jeton de la devise utilisée pour l’acheter : USDC reste indexé sur le dollar même lorsqu’il s’échange contre des euros. Circle émet séparément EURC, conçu pour représenter l’euro. Le constat de Kaiko porte donc sur la place occupée par un dollar numérique dans un canal d’échange européen, et non sur la progression d’un stablecoin libellé en monnaie européenne.