Économie
Actions tokenisées OKX-ICE : Intel, IBM, Oracle et IonQ figurent parmi les opposants
Un avis officiel daté du 26 octobre recense 26 sociétés ayant formulé une objection. Le dispositif de négociation envisagé s’inscrit dans une exemption temporaire de la SEC, qui ne vaut pas approbation des émetteurs.
Mathis RenaudNom de plume de la rédaction
Une liste officielle de vingt-six sociétés
L’avis public d’OKXICE TSV daté du 26 octobre 2026 recense 26 émetteurs ayant adressé une objection à la présence de leurs titres dans son dispositif. Intel, International Business Machines, Oracle et IonQ figurent à la fin de cette liste. Le document inclut aussi Alphabet, Microsoft, Wells Fargo et Goldman Sachs. Cette pièce permet de constater les objections sans attribuer à ces entreprises des motivations qu’elles n’y exposent pas individuellement.
L’information a été reprise le 27 octobre par Cointelegraph, qui présente ces quatre noms comme les derniers ajouts et rapporte un projet initial portant sur 62 sociétés. Ces deux périmètres doivent rester distincts : une liste de titres envisagés ne signifie pas que tous sont effectivement disponibles à la négociation. L’avis daté établit les objections déclarées à cette échéance ; il ne permet pas, à lui seul, de décrire l’état d’une liste ultérieure.
Une exemption temporaire sous conditions
La SEC a adopté le 17 septembre 2026 une exemption temporaire et conditionnelle pour certaines plateformes de titres tokenisés, désignées Tokenized Securities Venues. Le texte porte notamment sur la définition réglementaire d’une Bourse et, pour certains fournisseurs de liquidité, sur celle d’un dealer. Il vise des échanges encadrés d’actions américaines relevant du National Market System, au moyen de teneurs de marché automatisés et de réserves de liquidité accessibles à des participants autorisés.
Ce cadre ne constitue pas une autorisation générale de transformer n’importe quel actif en jeton. L’ordonnance distingue les titres tokenisés des instruments fournissant seulement une exposition synthétique à une action. Elle maintient des conditions qui doivent être satisfaites pour bénéficier de l’exemption. Dans sa déclaration accompagnant la décision, le commissaire Mark Uyeda présente l’expérimentation comme un moyen d’observer ces marchés avant de futures décisions réglementaires, en conservant la protection des investisseurs et l’intégrité du marché.
Des droits à vérifier au-delà du support technique
Dans son avis, OKXICE décrit une organisation où un opérateur de tokenisation distinct détient les actions sous-jacentes auprès d’un intermédiaire réglementé, avec une correspondance d’une action pour un jeton. Le document prévoit la vérification des droits aux dividendes, au vote et aux actifs résiduels. Il précise aussi que les entités composant la plateforme et leurs affiliés ne tokenisent pas elles-mêmes les titres proposés. Ce sont des caractéristiques annoncées du dispositif, pas la preuve de son fonctionnement pour chaque titre.
La question des objections ne se réduit donc pas au choix d’une blockchain. Il faut distinguer le statut de la plateforme, la conservation des actions, les droits attachés aux jetons et la position de chaque émetteur. Ni l’existence d’un contrat intelligent ni l’exemption réglementaire ne prouvent l’adhésion de l’entreprise dont le nom figure sur un titre. Le document du 26 octobre confirme une opposition déclarée pour les sociétés recensées ; il ne démontre pas une interdiction générale de la tokenisation.