Bitcoin
Strategy et Strive : les dividendes des actions préférentielles limitent les achats de bitcoin
Les financements par actions préférentielles apportent des capitaux aux entreprises détentrices de bitcoin. Leurs dividendes créent aussi des besoins de trésorerie, qui entrent en concurrence avec les nouvelles acquisitions.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Des capitaux avec une contrepartie
Strategy et Strive financent une partie de leur exposition au bitcoin par des actions préférentielles. Ces titres attirent des investisseurs recherchant des distributions régulières, mais créent aussi des besoins de trésorerie pour les sociétés émettrices. Cointribune, reprenant une analyse de CoinDesk, décrit cet arbitrage entre accumulation de bitcoins et financement des dividendes. Le montant levé lors d’une émission ne reste pas intégralement disponible pour de futures acquisitions : il faut également tenir compte des engagements financiers et de la politique de réserve.
Une action préférentielle représente un titre d’entreprise doté de droits particuliers, définis dans ses documents d’émission. Elle n’est ni un bitcoin ni une part d’ETF bitcoin. Sa valeur dépend du marché, des conditions du dividende et de la situation de l’émetteur. Les instruments proposés par Strategy et Strive ne possèdent pas tous les mêmes caractéristiques. Les regrouper sous une promesse générale de rendement garanti ferait disparaître les différences de droits et les risques propres à chaque série.
Le coût récurrent des distributions
STRC, chez Strategy, illustre le rôle des titres à dividende variable dans ce financement. Les capitaux obtenus soutiennent la politique financière du groupe, tandis que les distributions mobilisent régulièrement des dollars. Une réserve de trésorerie peut aider à organiser ces versements sans vendre immédiatement des bitcoins. Elle doit cependant être alimentée et gérée dans le temps. L’augmentation de la quantité de BTC détenue et la capacité à payer les distributions constituent donc deux dimensions complémentaires de la situation financière.
La hausse éventuelle du cours du bitcoin ne produit pas automatiquement les liquidités nécessaires aux paiements. Tant que l’actif est conservé, son appréciation reste une variation de valorisation. Pour disposer de dollars, l’entreprise doit mobiliser ses ressources, se financer ou céder des actifs selon les possibilités retenues. À l’inverse, une baisse du bitcoin peut réduire la valeur de son patrimoine sans modifier immédiatement les échéances des instruments émis. C’est ce décalage entre valorisation et trésorerie qui rend l’arbitrage important.
Émettre, racheter ou conserver des liquidités
Les rachats de titres propres offrent une autre utilisation du capital. Quand une société rachète des actions préférentielles pour les retirer de la circulation, elle peut réduire les titres donnant lieu à des distributions futures. L’opération demande toutefois de l’argent immédiatement. Les montants employés ne peuvent pas, au même moment, servir à acheter des bitcoins ou à renforcer la trésorerie. Son intérêt dépend du prix du rachat, des caractéristiques du titre et des autres besoins financiers de l’entreprise.
Les ETF bitcoin répondent à une logique différente : ils organisent une exposition au sous-jacent dans un fonds coté. Le porteur d’une action préférentielle est exposé à une structure d’entreprise, avec ses choix de gestion et ses engagements. Ces produits peuvent intéresser des publics différents sans se substituer parfaitement les uns aux autres. Pour Strategy et Strive, la poursuite des acquisitions dépendra ainsi de la disponibilité du capital et des conditions de financement, autant que de leur volonté déclarée de conserver davantage de bitcoins.