Bitcoin
Kraken prépare son entrée sur le marché kazakh alors que le pays renforce sa régulation crypto
Payward, maison-mère de Kraken, obtient une autorisation préliminaire pour opérer au Kazakhstan, un pays qui passe d’un hub de minage bon marché à une plateforme réglementée, tandis que les pools de minage restent essentiels à l’écosystème Bitcoin.
Mathis RenaudNom de plume de la rédaction
Autorisation préliminaire de Payward
Le groupe Payward, qui contrôle la plateforme d’échange Kraken, a reçu une approbation de principe de l’Autorité des services financiers d’Astana (AFSA) pour créer une filiale kazakhstanaise. Cette autorisation permettrait à la nouvelle entité de proposer un service de négociation d’actifs numériques, d’offrir des services d’investissement en tant que principal et agent, ainsi que de fournir des services de garde au sein du Centre financier international d’Astana (AIFC). L’approbation reste toutefois conditionnelle : Payward doit encore satisfaire aux exigences restantes de l’AFSA avant d’obtenir une licence d’exploitation définitive.
Dave Ripley, co‑PDG de Payward et de Kraken, a souligné la coopération constructive avec les équipes de l’AFSA et de l’AIFC, remerciant les régulateurs pour leur engagement rigoureux tout au long du processus. Une fois la licence finale obtenue, les clients kazakhstanais pourront accéder aux carnets d’ordres globaux de Kraken, connectant ainsi le marché local à la liquidité disponible en Europe, aux États‑Unis et en Asie.
Transition du Kazakhstan vers la régulation
Le Kazakhstan, qui hébergeait près de 18 % du hashrate mondial en 2021 grâce à une électricité bon marché, a depuis resserré son contrôle sur l’industrie cryptographique. Les autorités ont introduit des frais supplémentaires, des exigences de licence et une supervision accrue afin de réduire la pression exercée sur le réseau électrique national. Cette évolution a conduit à une chute du pourcentage de puissance de calcul du pays, qui ne représente aujourd’hui plus que 1,6 % du réseau selon le tableau de bord hashrateindex.com.
Cette réorientation s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement kazakh, qui cherche à développer un écosystème de services financiers numériques réglementés au sein de l’AIFC. Au lieu d’attirer uniquement les mineurs grâce à des coûts d’énergie faibles, le pays mise désormais sur des échanges régulés, des services de garde et d’autres infrastructures liées aux actifs numériques, ouvrant la porte à des acteurs internationaux comme Kraken.
Rôle des pools de minage dans l’écosystème Bitcoin
Dans le cadre du minage Bitcoin, les pools permettent à de nombreux participants de combiner leur puissance de calcul afin d’augmenter leurs chances de créer un nouveau bloc. Chaque contribution, appelée « share », est mesurée statistiquement et sert à répartir les récompenses du bloc entre les membres du pool selon les règles propres à chaque opérateur. Cette organisation assure des paiements plus fréquents et de montants plus modestes que le minage en solo, où les gains sont plus irréguliers et dépendants de la chance.
Le passage du Kazakhstan d’un centre de minage à un hub réglementé n’affecte pas directement les règles du protocole Bitcoin, mais il influence la façon dont les pools opèrent localement. Un changement d’opérateur de pool implique simplement une nouvelle connexion au serveur du pool et une répartition différente des récompenses, sans modifier les principes fondamentaux du réseau. Ainsi, même avec une part de hashrate réduite, les pools restent un maillon essentiel pour sécuriser la blockchain et garantir la continuité des transactions.