DeFi & stablecoins
Au Canada, les stablecoins gagnent du terrain dans les échanges en dollars canadiens
Chainalysis mesure une progression des stablecoins dans les carnets d’ordres libellés en dollars canadiens. Ces volumes ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de compter les utilisateurs ni de mesurer les paiements du quotidien.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Une progression dans un périmètre précis
Dans son étude publiée le 14 octobre 2026, Chainalysis relève une place croissante des stablecoins au Canada. Leur part atteint 44 % des volumes des carnets d’ordres libellés en dollars canadiens en juin 2026, contre 30 % un an auparavant. L’USDC domine cette catégorie, selon l’entreprise d’analyse. Cette mesure décrit l’activité sur un segment des marchés d’échange : elle ne signifie pas que 44 % des Canadiens détiennent des stablecoins, ni que ces jetons représentent la même proportion des achats réalisés dans les commerces.
Sur la période allant de juillet 2025 à juin 2026, Chainalysis estime l’activité crypto canadienne à 247,7 milliards de dollars, en hausse de 2,3 %. L’étude mesure également 2,36 milliards de dollars de transferts en bitcoin et stablecoins, de taille comparable à des envois d’argent, vers l’Inde, la Chine et les Philippines. L’augmentation annoncée atteint 141 % sur un an. Ces données portent sur des flux observés ; elles ne doivent pas être assimilées à un patrimoine détenu ou à autant d’argent nouvellement investi.
Volume d’échange et usage quotidien restent différents
Un même jeton peut changer plusieurs fois de détenteur et contribuer à plusieurs transactions. Le volume cumulé peut ainsi progresser sans augmentation équivalente du nombre de personnes concernées. De même, une opération effectuée sur une plateforme et un transfert destiné à régler une dépense ne décrivent pas nécessairement le même usage. Pour comprendre l’adoption, il faut rapprocher plusieurs indicateurs : nature des opérations, fréquence, nombre d’utilisateurs et possibilité de convertir les fonds à l’arrivée. Un chiffre agrégé ne répond pas seul à toutes ces questions.
La monnaie utilisée pour acheter un actif doit aussi être distinguée de celle à laquelle cet actif est indexé. Un stablecoin référencé au dollar américain peut être négocié contre des dollars canadiens. Sa présence dans un carnet d’ordres canadien n’en fait pas un jeton indexé au dollar canadien. Pour une personne dont les dépenses sont en monnaie locale, les variations de change restent donc pertinentes. La stabilité recherchée par rapport à une devise ne garantit pas une valeur constante dans toutes les autres monnaies.
Les connaissances et les protections comptent aussi
Une étude distincte de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada apporte un autre éclairage. Dans son enquête, seuls 21 % des répondants identifiaient correctement la définition d’un stablecoin, tandis que 58 % déclaraient ne pas la connaître. Les personnes interrogées avaient aussi tendance à surestimer leur compréhension. Cette recherche concerne des réponses de consommateurs et une période différente de celle du rapport Chainalysis. Elle ne permet donc pas de déduire directement le niveau de connaissance des participants aux volumes de juin 2026.
L’agence souligne également des expériences négatives liées à ces produits et l’importance des protections des consommateurs. La capacité de transférer un jeton doit être séparée de la possibilité de récupérer de la monnaie bancaire, laquelle dépend des services utilisés et des conditions de remboursement. Les données d’échange documentent ainsi une activité croissante sur certains segments. Pour apprécier ce qu’elle change concrètement, il reste nécessaire de regarder les coûts complets, les risques rencontrés et les conditions dans lesquelles les utilisateurs peuvent recevoir et convertir leurs fonds.