Régulation
L’Irlande annonce un point d’accès à la tokenisation après sa consultation sur la DLT
La Banque centrale d’Irlande a publié le 2 novembre sa réponse à 42 contributions. Elle prévoit un Tokenisation Access Point et cinq axes de travail, sans créer de voie d’agrément dérogatoire.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Une réponse publiée après quarante-deux contributions
La Banque centrale d’Irlande a publié le 2 novembre 2026 sa réponse à la consultation sur les technologies de registre distribué et la tokenisation dans les services financiers. Le document DP12 initial remontait à mars. La nouveauté est donc la publication des conclusions et du programme de travail, annoncée lors de sa conférence annuelle à Dublin. L’institution indique avoir reçu 42 réponses écrites, complétées par des échanges avec des entreprises, des spécialistes et d’autres autorités. Ces contributions ne constituent pas un vote approuvant automatiquement chaque proposition du secteur.
La synthèse relève des préoccupations communes : sécurité juridique, résilience opérationnelle, cohérence transfrontalière et infrastructures interopérables. La banque centrale estime que la technologie pourrait améliorer l’automatisation et la circulation des actifs financiers. Elle souligne toutefois que les preuves des bénéfices matériels, de la viabilité commerciale et de la résistance en période de tension restent limitées, compte tenu de la taille actuelle des marchés tokenisés. Le document distingue donc la possibilité technique d’un résultat économique déjà démontré à grande échelle.
Un interlocuteur spécialisé, sans agrément automatique
L’institution prévoit de lancer un Tokenisation Access Point, ou TAP, à travers son Innovation Hub. Ce dispositif doit offrir aux acteurs un chemin plus clair pour soulever des questions de mise en œuvre et d’application des règles existantes. Il doit également fournir au régulateur des informations pratiques sur les opportunités, les risques et les dépendances qui apparaissent. Le document précise qu’un échange via TAP ne vaudra ni approbation réglementaire, ni procédure alternative d’autorisation, ni soutien à une technologie ou un modèle commercial particulier.
Un nouveau modèle baptisé Innovation Insights doit organiser des travaux ciblés et limités dans le temps avec l’écosystème. Les premiers thèmes envisagés comprennent la résilience des infrastructures DLT, les contrats intelligents, la gouvernance et la responsabilité, y compris sur les chaînes ouvertes sans permission. La banque centrale prévoit aussi une série de rapports sur les évolutions sectorielles et systémiques. Ces mécanismes sont présentés comme des moyens de mieux comprendre les usages et d’adapter la réflexion prudentielle, pas comme une suspension des obligations existantes.
Cinq priorités reliées aux travaux de l’Eurosystème
Le programme regroupe cinq axes : règlement en monnaie de banque centrale et évolution des garanties, clarté juridique et réglementaire, pratiques d’innovation, limitation de la fragmentation, et analyse macrofinancière. La Banque centrale d’Irlande inscrit notamment sa participation à Pontes et Appia dans les travaux de l’Eurosystème. Le document présente Pontes comme déjà opérationnel et évoque des améliorations à partir de mi-2027, puis d’autres capacités attendues en 2028. Ces étapes futures ne doivent pas être décrites comme disponibles dès cette publication.
Sur le droit, l’institution veut travailler avec les autorités nationales et européennes concernant notamment la propriété, les transferts, les registres faisant autorité et la finalité du règlement. Elle doit aussi coordonner son action avec le ministère des Finances irlandais. Sa ligne reste la neutralité technologique et l’adaptation ciblée des cadres existants lorsque nécessaire. Les prochains points vérifiables seront le lancement effectif du TAP, les travaux annoncés et les précisions réglementaires produites, sans confondre cette feuille de route avec une nouvelle loi déjà adoptée.