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Économie

Canada : les nouvelles règles de fonds propres crypto s’appliquent à une première catégorie d’établissements

Le cadre prudentiel publié en septembre entre en vigueur le 1er novembre 2026 pour les établissements dont l’exercice se termine en octobre. Il reconnaît certaines couvertures entre plateformes réglementées, sans autorisation générale d’activité crypto.

Canada : les nouvelles règles de fonds propres crypto s’appliquent à une première catégorie d’établissements — illustration conceptuelle originale

Une entrée en vigueur échelonnée selon les exercices

Le nouveau traitement canadien des expositions bancaires aux crypto-actifs commence à s’appliquer le 1er novembre 2026 aux établissements dont l’exercice se termine le 31 octobre. Ceux dont l’exercice se termine le 31 décembre basculeront le 1er janvier 2027. Ces dates figurent dans la version définitive publiée le 10 septembre par le Bureau du surintendant des institutions financières, le BSIF. Il s’agit donc de l’application d’un texte déjà annoncé, et non d’une nouvelle décision publiée le 2 novembre.

La ligne directrice concerne les exigences de fonds propres et de liquidité des banques et d’autres établissements fédéraux visés. Son introduction précise qu’elle ne tranche pas, à elle seule, la question de savoir si un établissement peut émettre un crypto-actif ou prendre certaines participations dans une entreprise du secteur. La distinction est essentielle : adapter le calcul prudentiel d’un risque ne vaut pas agrément universel pour proposer un service, ni validation de tous les actifs disponibles sur le marché.

Des couvertures reconnues sous des conditions précises

La lettre accompagnant le texte définitif décrit deux ajustements. Le premier exclut de la limite d’exposition au groupe 2 certaines expositions issues de la compensation pour des clients. Le second reconnaît les couvertures entre plateformes réglementées pour les crypto-actifs du groupe 2a. Des positions opposées portant sur un même crypto-actif et détenues sur différentes plateformes réglementées peuvent ainsi être prises en compte dans le calcul des fonds propres. Les contraintes existantes liées aux échéances et aux plateformes non réglementées restent en place.

Ce traitement dépend toutefois d’une classification. Le groupe 2a rassemble les actifs qui ne remplissent pas les conditions du premier groupe, mais satisfont aux critères de reconnaissance des couvertures. Les autres actifs du groupe 2 relèvent du groupe 2b, soumis à un traitement plus conservateur. La documentation demande aux établissements de réévaluer les catégories dans la durée et de conserver les informations qui justifient leurs choix. Le superviseur peut contester une classification qu’il juge inadaptée aux caractéristiques de l’exposition.

Le calcul du capital reste distinct de la sécurité des actifs

Le cadre distingue également les actifs traditionnels tokenisés des actifs visant une valeur stable. La forme numérique ne suffit pas pour obtenir automatiquement le traitement d’un titre traditionnel ou d’un stablecoin admissible. Les droits juridiques, les mécanismes de stabilisation, les conditions de liquidité et les risques opérationnels font partie des éléments à apprécier. La ligne directrice prévoit aussi une approche simplifiée, dans laquelle toutes les expositions crypto sont déduites des fonds propres de base de catégorie 1.

L’effet concret dépendra donc des positions de chaque établissement et de leur admissibilité, plutôt que d’un allègement uniforme applicable à toute la crypto. La publication officielle ne chiffre pas une hausse automatique des achats de bitcoin, ni une économie globale de capital déjà réalisée. Pour suivre cette évolution, les éléments utiles seront les informations prudentielles publiées par les établissements et les constats du superviseur. L’entrée en vigueur modifie un cadre de mesure du risque ; elle n’efface ni les pertes possibles ni les autres obligations réglementaires.

Écrit avec amour parClara DelcourtDécouvrir ce nom de plume ↗

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