DeFi & stablecoins
Croissance de EURC et diversification des stablecoins
EURC de Circle gagne 4,8 millions en une semaine, atteignant 497 millions de capitalisation.
Clara DelcourtNom de plume de la rédaction
Performance de EURC
La capitalisation boursière de EURC, le stablecoin euro de Circle, a augmenté de 4,8 millions au cours de la semaine écoulée, portant son total à 497,12 millions de dollars. Ce gain représente une progression notable dans un secteur dominé par les stablecoins libellés en dollars, où EURC affiche une part de marché d'environ 60 % du segment euro.
La croissance de EURC est soutenue par une augmentation de l'offre de 8,8 % sur le mois précédent, atteignant 443,11 millions de tokens en circulation. Cette performance s'inscrit dans une tendance de diversification des actifs stables vers des monnaies européennes, tout en restant très minoritaire face au dollar.
Le développement de EURC est fortement lié à la clarté réglementaire apportée par le règlement MiCA, qui a favorisé son adoption sur des plateformes centralisées comme Coinbase et Kraken, ainsi que sur des protocoles décentralisés comme Aave et Uniswap. La tokenisation de l'euro permet de faciliter les paiements, les échanges de devises et les opérations de trésorerie, grâce à des partenariats avec VisaNet et Thunes. Malgré cette avancée, EURC ne représente qu'une infime partie de l'offre globale de stablecoins, soit moins de 0,3 %, tandis que le marché des stablecoins libellés en dollars dépasse les 300 milliards de dollars.
Régulation et concurrence
EURC est émis par Circle Internet Financial Europe SAS et est supervisé directement par l'ACPR, l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution française, garantissant un cadre réglementaire strict pour ce stablecoin euro. Le token est émis sur plusieurs blockchains, notamment Ethereum, Solana et Base. L’émetteur doit respecter les exigences prudentielles applicables à ses réserves. Ce cadre impose des obligations à l’émetteur ; il ne supprime pas les risques pour les détenteurs.
La concurrence sur le marché des stablecoins euro est en pleine effervescence, avec l'arrivée de concurrents comme EURCV de la Société Générale, qui vise à capturer une part du même marché réglementé. EURC, avec sa part de marché d'environ 60 %, dispose d'un avantage de premier arrivant, mais cette position pourrait être remise en question si d'autres émetteurs renforcent leur offre et leur visibilité. La diversification des stablecoins euro est un enjeu majeur pour réduire la dépendance aux actifs libellés en dollars et pour offrir aux utilisateurs européens des alternatives plus adaptées à leurs besoins de paiement et de trésorerie.
Concepts clés des stablecoins
Un stablecoin est un jeton conçu pour suivre une référence de valeur, souvent le dollar américain, comme l'USDC ou l'USDT, qui visent une parité proche de un dollar. Ces jetons reposent sur des réserves gérées par leurs émetteurs, qui publient des informations sur la composition de ces réserves, comprenant des liquidités et des actifs assimilables.
Cependant, l'affichage d'un objectif de parité ne garantit pas une conversion immédiate, gratuite et accessible à chacun, car le remboursement direct auprès de l'émetteur dépend de conditions d'accès, de vérification et éventuellement de frais, tandis que la vente sur une plateforme dépend des acheteurs présents et de la liquidité disponible.
Les stablecoins permettent de transférer une unité de compte familière sur une blockchain et de régler certains échanges, mais ils existent parfois sur plusieurs réseaux, ce qui nécessite de vérifier la compatibilité du destinataire et l'adresse du contrat avant tout transfert. Les risques liés aux stablecoins se superposent : réserves, banques dépositaires, émetteur, plateforme, blockchain et contrats utilisés, et une version transférée par un pont peut ajouter un intermédiaire technique.
De plus, un jeton indexé sur le dollar varie en euros avec le taux de change, et détenir un stablecoin ne produit pas automatiquement des intérêts. Un rendement implique généralement une activité supplémentaire, comme un prêt, avec ses propres risques de perte ou d’indisponibilité.