Bitcoin
Le hashrate de Bitcoin retrouve un zettahash malgré la réorientation de mineurs vers l’IA
La moyenne sur sept jours de la puissance de calcul de Bitcoin est revenue autour de 1 ZH/s. Cette reprise accroît la concurrence entre mineurs, alors que certains opérateurs convertissent leurs sites à l’intelligence artificielle.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Une moyenne de calcul en reprise
La puissance de calcul estimée de Bitcoin a retrouvé une moyenne sur sept jours proche d’un zettahash par seconde, selon Miner Weekly, repris par Bitcoin.com News. Ce niveau équivaut à mille exahashs par seconde. Le bilan décrit un retour sur un palier déjà observé, pas nécessairement un record historique absolu. Le hashrate n’est pas relevé directement sur toutes les machines : il est estimé à partir des blocs produits. Sa lecture dépend donc de la durée retenue pour lisser les fluctuations.
Les mineurs effectuent des calculs pour proposer des blocs conformes aux règles de Bitcoin. Une puissance totale plus élevée traduit davantage de calcul disponible sur le réseau, mais ne signifie pas que chaque participant reçoit davantage de bitcoins. Les récompenses sont réparties selon les blocs trouvés et les modalités des pools utilisés. Lorsque la concurrence augmente, une machine donnée représente une part plus faible du total si sa propre puissance reste identique. L’activité du réseau et le revenu d’un opérateur ne progressent donc pas automatiquement ensemble.
La difficulté ajuste la concurrence
Le bilan rappelle une hausse de la difficulté de minage de 5,92 % le 16 octobre. Cette difficulté encadre les conditions que doit satisfaire un bloc pour être accepté. Son ajustement périodique répond au rythme de production observé. Une estimation de la prochaine variation peut évoluer tant que la période n’est pas terminée ; elle ne doit pas être présentée comme une hausse déjà appliquée. La vitesse des blocs futurs reste nécessaire pour connaître l’ajustement effectivement retenu par le protocole.
Pour un mineur, les paramètres économiques comprennent le cours du bitcoin, l’efficacité des équipements, le prix de l’électricité et les coûts d’exploitation. Une hausse de difficulté peut peser sur les recettes attendues pour une même puissance installée. Elle ne renseigne pas, à elle seule, sur la rentabilité de chaque site. Deux installations utilisant des machines comparables peuvent rencontrer des conditions très différentes selon leurs contrats d’énergie, leur financement et leur disponibilité. Le hashrate global doit donc être relié aux contraintes propres à l’opérateur.
Des capacités qui changent d’usage
Certains grands groupes de minage convertissent des infrastructures au calcul destiné à l’intelligence artificielle. Miner Weekly souligne que ces départs ne suffisent pas à empêcher la reprise du hashrate total. D’autres acteurs développent leurs capacités, et des équipements peuvent être revendus puis installés ailleurs. Le départ d’un site ne retire donc pas nécessairement définitivement ses machines du réseau. En revanche, des travaux de conversion et des engagements énergétiques pour l’IA peuvent modifier durablement l’utilisation de l’installation concernée.
Les annonces de capacité méritent enfin d’être distinguées de la puissance réellement exploitée. Une commande de machines, un raccordement électrique et une production observée ne correspondent pas au même stade. De même, un lien commercial entre deux acteurs ne prouve pas la provenance exacte d’un lot de matériel d’occasion. Le retour vers un zettahash illustre la capacité du réseau à attirer ou remettre en service du calcul ; il ne démontre pas que tous les mineurs bénéficient économiquement de cette reprise.