Régulation
Hong Kong chiffre à 10,3 milliards HKD les actifs de ses produits tokenisés destinés au détail
À fin septembre, le régulateur hongkongais avait autorisé 17 produits d’investissement de détail comportant une composante tokenisée, pour environ 10,3 milliards de dollars de Hong Kong d’actifs dans leurs classes tokenisées. Le gouvernement prépare parallèlement une extension du régime de licences.
Adrien VauclairNom de plume de la rédaction
Un marché réglementé désormais chiffré
Hong Kong a livré le 4 novembre une photographie précise de son marché réglementé des produits d’investissement tokenisés. Dans une réponse au Conseil législatif, le secrétaire par intérim aux Services financiers et au Trésor, Joseph Chan, a indiqué qu’à fin septembre 2026, la Securities and Futures Commission avait autorisé 17 produits de détail comportant une composante tokenisée. Les actifs gérés dans leurs classes tokenisées atteignaient environ 10,3 milliards de dollars de Hong Kong. Ce montant est un encours à une date donnée, pas une mesure de toutes les transactions ni de l’ensemble des actifs tokenisés du territoire.
Le décompte comprend 13 fonds monétaires tokenisés, un produit d’investissement tokenisé adossé à l’or, deux ETF sur l’or disposant de classes tokenisées et un ETF à stratégie de vente d’options couvertes avec une classe tokenisée. Cette composition montre que le chiffre de 10,3 milliards HKD ne représente pas 17 instruments entièrement enregistrés sur une blockchain : certains produits traditionnels ne proposent qu’une classe tokenisée. Le gouvernement n’a pas publié, dans cette réponse, la ventilation de l’encours entre chaque produit.
Deux fonds ont ouvert un marché secondaire continu
Une étape opérationnelle supplémentaire a été franchie le 26 octobre. Deux fonds monétaires tokenisés autorisés ont commencé à être négociés en continu, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, sur des plateformes d’actifs virtuels agréées. Cette possibilité concerne leur marché secondaire dans un cadre licencié ; elle ne signifie ni que les 17 produits sont négociables en permanence, ni que leurs actifs sous-jacents cotent sans interruption. La liquidité réelle, les écarts de prix et les délais de règlement devront être observés sur la durée.
Le cadre doit encore s’élargir. Le gouvernement vise un projet de loi avant la fin de 2026 pour étendre le régime applicable aux plateformes d’échange vers les services de négociation, de conseil, de gestion et de conservation d’actifs virtuels. Hong Kong a également délivré deux licences d’émetteurs de stablecoins en avril. En septembre, sa quatrième émission d’obligations vertes numériques a représenté environ 20 milliards HKD. Ces initiatives relèvent toutefois de régimes distincts et ne doivent pas être additionnées à l’encours de 10,3 milliards.
Des pilotes commerciaux, mais encore plusieurs preuves à attendre
Le programme pilote de Cyberport complète ce dispositif. Neuf projets avaient reçu une subvention et tokenisé environ 230 millions HKD d’actifs à fin juin ; six avaient déjà été commercialisés. Le programme a rouvert les candidatures le 2 novembre. Le gouvernement indique aussi que plus de 320 entreprises avaient rejoint les activités de développement de compétences et que les formations avaient enregistré plus de 7 000 inscriptions à fin septembre. Ces volumes décrivent l’activité du programme, sans prouver à eux seuls une adoption rentable ou durable.
Les prochaines preuves utiles seront le texte détaillé du projet de loi, les licences effectivement accordées sous les nouveaux régimes et les données de marché des deux fonds accessibles en continu. Le gouvernement précise que les plateformes internationales pourront déposer une demande si elles respectent les exigences légales et réglementaires locales. Au 5 novembre à Paris, le fait établi reste donc circonscrit : Hong Kong recense 17 produits de détail tokenisés ou dotés de classes tokenisées, avec environ 10,3 milliards HKD d’encours dans ces classes, tandis que l’extension réglementaire demeure en préparation.